Au collège comme au lycée, les 12-18 ans se voient imposer un rythme de travail qui ne respecte guère leur équilibre de vie. Est-ce bien raisonnable ? Levés pour la plupart entre 6h30 et 7 heures, ils ont à peine le temps d´enfourner un petit déjeuner rapide qu´il faut se hâter vers le bus qui les déposera juste à temps pour commencer leur journée de travail à 8 heures.

Quatre heures de cours, une pause ridicule de deux heures, et nos jeunes repartent pour trois voire quatre heures de cours. Le soir, nos enfants sont obligés de se remettre au travail pour faire face aux devoirs, leçons, exercices, dissertations, commentaires. Devant ce rythme infernal, comment ne pas comprendre que bon nombre se retrouvent démunis et capitulent.

Quand cessera ce bourrage de crâne intensif, dévoreur de temps et d´efforts, dont il ne reste au bout du compte que peu de choses ? Au lieu de multiplier les matières, au lieu de chercher sans cesse à transmettre un contenu que nos enfants doivent à tout prix mémoriser, pourquoi ne pas leur enseigner comment se servir des outils à leur disposition ? Les bibliothèques et les centres de documentation regorgent de trésors boudés par nos enfants, peu préparés à les utiliser. Au nom de la culture, nous empoisonnons l´existence de nos jeunes. Pourquoi ne pas miser davantage sur la méthode et le savoir-faire, la réflexion et la critique ? Ne limitons pas les possibilités de nos enfants à la capacité de leur mémoire.

Notre civilisation évolue à une vitesse prodigieuse. Si l’on peut admettre qu´il fut un certain temps possible de mémoriser une part importante de données connues, ce nest plus le cas aujourd´hui. Faisons de nos enfants des adultes responsables, qui sauront s´adapter à leur société en constante évolution. Il nest plus question de nos jours de les éduquer avec les principes dhier.

 

Catherine Joncheray, Le Monde

Vocabulaire

Expliquez les mots et expressions soulignés dans le contexte :

  • Devant ce rythme infernal (…) bon nombre se retrouvent démunis et capitulent.
  • Quand cessera ce bourrage de crâne intensif
  • Notre civilisation évolue à une vitesse prodigieuse 

Questions sur le texte

  • Quels éléments du système scolaire lauteure critique-t-elle ?
  • Quel système scolaire préfère-t-elle pour les élèves d’aujourd’hui ?

 

  • Les termes « démunis et capitulent » signifient que les élèves « manquent de moyens » et « abandonnent ». Dans le contexte, cela veut dire que rythme de travail fatigant auquel sont soumis les élèves leur fait perdre les moyens, ils sont perdus et ainsi ils baissent les bras et décrochent à l’école.
  • L’expression « bourrage de crâne intensif » évoque le fait qu’on remplit trop souvent le cerveau des élèves par des informations, faits et données qu’ils doivent connaître par cœur. L’auteure critique cette façon de procéder et affirme que cela ne sert pas à grand-chose puisque les étudiants oublient très vite ce qu’ils ont appris.
  • La notion « à une vitesse prodigieuse » signifie « très rapidement. Ainsi notre société évolue à une vitesse surprenante et il faut adapter le système scolaire à cette mutation                  

Quels éléments du système scolaire l´auteur critique-t-il ?

Selon lauteur, le rythme de travail imposé par lécole déstabilise les jeunes. Premièrement, ils doivent se lever très tôt le matin, sans avoir le temps de prendre un petit déjeuner raisonnable. En outre, Catherine Joncheray n'est pas d´accord que la journée de travail des écoliers soit si longue et trouve qu´un arrêt de travail de deux heures à midi est dérisoire par rapport aux huit de cours. A ceci s'ajoute que les jeunes sont forcés à reprendre le travail une fois chez eux, pour effectuer toutes sortes de devoirs à domicile. En dernier lieu, l'auteur critique la matière que les élèves doivent apprendre. En effet, le système actuellement en vigueur, se base surtout sur la mémorisation d´un grand nombre de données qui ne servent pas beaucoup aux jeunes et qu’ils oublient très vite.

  • Quel système scolaire préfère-t-il pour les jeunes d´aujourd´hui ?

L´auteur refuse le fait que le système scolaire se base uniquement sur la mémorisation d´informations. Elle prône un apprentissage de la méthode et du savoir-faire pour que les élèves soient eux-mêmes capables de trouver les informations dont ils ont besoin. C´est pourquoi elle regrette que les bibliothèques et les centres de documentation soient peu visités par la jeunesse parce que ces lieux « boudés » contiennent toute la culture nécessaire au bon développement intellectuel. De plus, elle voudrait axer le nouveau système scolaire sur la réflexion et l´esprit critique pour faire des jeunes des adultes responsables qui savent défendre leur avis et se débrouiller dans la vie. Comme la civilisation évolue extrêmement vite, il faut plutôt se doter d´un savoir-faire qui servira plus que de simples données théoriques.