Le marketing urbain: trouver une identité aux quartiers pour les rendre plus attractifs

À Paris, est-ce que vous vous êtes déjà baladés à SoPi ? Non non, pas à SoHo, ça c’est à New York. Ce n’est pas non plus à SoBo, ça c’est à Bombay. Si vous connaissez Paris, alors, vous avez très certainement parcouru les ruelles de SOPI ! Mais si, « South of Pigalle¹ », tout simplement ! Après les villes américaines, canadiennes et indiennes, c’est au tour de Paris de délimiter des quartiers qui répondent à des acronymes² en anglais.

Le phénomène a commencé à New York où, au fil des années, les quartiers qui se sont constitués une identité propre ont commencé à être désignés par les ponts, les monuments, les infrastructures qui en marquaient les limites. Comme ces noms étaient assez longs, ils ont fini par être raccourcis grâce à des acronymes: par exemple «Down under the Manhattan Bridge Overpass³», dont l’acronyme «Dumbo» fait gagner énormément de temps à ses habitants lorsqu’on leur pose la question: « Dans quel quartier habitez-vous ? »

Ces acronymes se développent désormais dans d’autres grandes villes, comme à Paris. Le côté branché a séduit les professionnels du marketing, et dès qu’un journaliste a utilisé l’acronyme SoPi, les experts s’en sont emparés. À présent, les hôtels, les annonces immobilières, les commerces de SoPi s’en servent pour rendre le quartier plus attractif. En 2009, un dessin de logo a même été déposé pendant que se créaient des lignes de vêtements, de bijoux ou encore de stylos.

Le reste de la France est aussi en train de suivre le mouvement : la rue de la République, à Lyon, a maintenant sa propre marque, dont le logo s’affichera bientôt sur des sacs, des affiches d’arrêts de bus, voire des bouteilles d’eau. En l’espace de quelques années, le marketing de quartier atteindra, sans doute, de plus en plus de villes françaises.

  1. Sud de Pigalle. 2. Mot formé des initiales de plusieurs mots qui se prononce comme un mot ordinaire, et non pas lettre par lettre. 3.Sous le pont de Manhattan.