– Sais-tu où je t’emmène ?… Sur le terrain d’un aéroclub. Tu y verras beaucoup de gens, des hangars, de l’herbe, des moutons, des voitures, une tour de contrôle,des pompes à essence et toutes sortes d’avions.

-Comment ?… Tout cela pêle-mêle sur le terrain

-Non, chaque chose est utile à sa place.

– Et les gens ? … Tout le monde peut y aller ?

– Oui; allons-y si tu veux, mais il faut rester derrière la barrière blanche qui marque les limites des pistes. Seuls les pilotes, les mécaniciens, les passagers peuvent la passer et tous doivent être très prudents : une hélice d’avion, quand elle tourne, peut déchiqueter un homme.

– Les hangars sont les « maisons des avions », je pense ?

– Exactement. Le soir, on rentre les avions, en les poussant à la main, à deux ou trois. Devant les hangars se trouvent les pompes. Un avion comme ceux que tu vois, il lui faut environ trente-cinq litres de carburant à l’heure. C’est normal, les moteurs d’avions sont très puissants.

– Je vois beaucoup d’appareils, mais ils sont tout petits… Ces avions ne sont pas prévus pour transporter de nombreux passagers :ce ne sont pas des avions de ligne. Souvent, les commandes sont manuelles. Tout est laissé à la technique du pilote ; il se dirige à vue, prenant des points de repère au sol : une rivière, une voie ferrée, une route nationale, une usine. Parfois, quelqu’un, à ses côtés, l’aide dans ce travail de reconnaissance de la route, c’est le navigateur. Cependant, il peut y avoir, sur les avions de tourisme, des pilotes automatiques.

– Regarde ! Un avion tiré par un autre avec un câble ! Le deuxième appareil est un planeur. Il n’a pas de moteur, et ne peut donc pas décoller tout seul. Mais, ainsi conduit à une altitude suffisante, il est ensuite lâché. Grâce à ses ailes immenses, et à sa légèreté, il vole, uniquement porté par l’air : il plane.

-Et cet avion sans toit, là-bas…?

-C’est un « Stampe ». Avec lui, on fait de la voltige. On peut dessiner des figures étonnantes dans le ciel: des boucles, des huit, des tonneaux … Le pilote doit être bien attaché … !

– Tous ces avions qui décollent, atterrissent, tournent dans tous les sens ! Comment évite-t-on les collisions ?

– Chacun ne fait pas ce qu’il veut. Tous les appareils décollent dans le même sens : face au vent.

Ce bâtiment rouge et blanc que tu vois à droite, c’est la tour de contrôle. C’est elle qui décide de la piste qui sera utilisée au décollage. De même, ceux qui possèdent une radio à bord doivent lui demander  l’autorisation d’atterrir. Les autres vérifient seulement qu’il n’y a pas d’autre avion qui manœuvre au sol ou en l’air. De toute façon, ils doivent faire un tour de piste avant de se poser.

– Si je voulais piloter moi aussi,que faudrait-il faire ?

– Tu peux déjà commencer à apprendre ! Mais il te faudra attendre d’avoir quinze ans pour effectuer un vol « solo » et dix-sept ans pour obtenir ta licence de pilote privé. Bien sûr, les heures de vol coûtent très cher. On peut parfois obtenir une bourse B.l.A. (Brevet d’initiation Aéronautique) qui donne droit à quinze heures de vol gratuites par an. C’est peu, mais c’est un début… De plus, il faudra beaucoup étudier les mathématiques et la physique.

– Aimerais-tu être pilote, plus tard ?

– J’ai très envie d’apprendre … mais pas très envie d’être… «lâché seul»!