Les salariés ne sont pas les seuls à traverser la frontière chaque jour. En cette période, il y a aussi beaucoup de stagiaires. Emma en fait partie, pour quelques mois, elle travaille en tant que webjournaliste pour un journal au Luxembourg.

Emma*, 23 ans, en couple, effectue son stage de fin d’étude au Luxembourg. Pour elle, « trouver [un] stage en tant que frontalière n’a pas été plus difficile qu’en France », elle admet que les recruteurs sont plus exigeants au Grand-Duché, notamment en langue : « ici tout le monde est bilingue, trilingue, voir plus, c’est impressionnant ! ».

 

Les Luxembourgeois sont des personnes très fières de leur appartenance nationale

Selon Emma, il y a un écart entre les frontaliers et les Luxembourgeois : « J’ai pu constater au cours de ces quelques mois au Grand-Duché, qu’ils n’aiment [en général] pas beaucoup les Français […], lorsque vous abordez quelqu’un en français, et que cette personne vous snobe pour finalement répondre à votre collègue 10 mètres plus loin, qui lui, parle luxembourgeois, je peux vous dire que ça vous refroidit un peu ».  Elle trouve que « les Luxembourgeois sont des personnes très fières de leur appartenance nationale… parfois même un peu trop ».

100 € de plus qu’en France

Une stagiaire au Luxembourg ne gagne pas sa vie, Emma touche 600 € de « gratification » ce qui lui permet « de payer [son] abonnement de train, la cantine de la rédaction, [son] loyer… ». Avec tous ces frais, il faut parfois chercher les bons plans, elle mixe un abonnement de train pour aller jusqu’à la frontière (50 € au mois) et un autre pour utiliser tous les transports luxembourgeois (75 € à l’année). Par rapport à un abonnement SNCF tout compris (environ 100 € par mois), la facture en est diminuée.

Emma estime qu’il ne lui reste plus que 250 € pour elle. Elle ne se plaint pas, pour une stagiaire en journalisme, « 600€ au Luxembourg, c’est 100 € de plus qu’en France ».

A mon travail « je reste souvent scotchée à ma chaise »

Emma n’est pas du genre à faire le café et les photocopies (pour la rédaction) : « je commence chaque matin à 9h, je rédige des articles reprenant les actualités de la nuit, puis j’enchaîne avec la conférence de rédaction où l’on propose des sujets ».

Ce qu’elle préfère, c’est partir en reportage, mais son poste de webjournaliste fait qu’elle est très « souvent scotchée à [sa] chaise, à taper des articles sur [son] ordinateur. Néanmoins, le travail de “desk” ne lui déplaît pas plus que ça ». Finalement, ce sont des semaines de 40h bien complètes pour une stagiaire.

A cela s’ajoute le périple du transport quotidien. L’année dernière, elle voyageait en voiture, mais il ne lui a fallu qu’une semaine pour la convaincre de prendre le train : « C’est moins cher et un peu plus reposant que la voiture. Les bouchons, l’heure et demie pour rentrer chez soi, ça va 5 minutes ». Il ne lui faut maintenant plus qu’une heure pour rentrer à Metz, « il y a de temps à autre des soucis mais on fait avec, de toute manière, on n’a pas le choix ! ».

« Je n’avais pas pour objectif de travailler au Luxembourg »

Avant d’entamer sérieusement ses études de journalisme, elle ne songeait pas à faire carrière au Luxembourg. Aujourd’hui elle y voit de nombreux avantages et espère qu’à la fin de son stage, elle y décrochera un emploi : « Si une opportunité vient à moi, je n’hésiterai pas. C’est un boulot que j’aime, mieux payé qu’en France et qui me permet de rester vivre dans ma région natale… ».

Rester dans la région est pour elle une priorité. Depuis quelques années, elle réside à Metz avec son compagnon. Si elle trouve un poste de journaliste au Luxembourg, hors de question d’y habiter : « les loyers sont beaucoup trop chers et je ne veux pas forcer mon compagnon à s’installer dans un autre pays où on ne parle même pas la langue ». Emma envisage d’autres options comme déménager au « plus proche de la gare ou de la frontière. On verra ça d’ici quelques mois ! »
* le prénom a été modifié

https://www.lesfrontaliers.lu/uncategorized/emma-journaliste-stagiaire-les-luxembourgeois-naiment-pas-beaucoup-les-francais/