Tous les timides connaissent bien le problème: dès que l’attention de plus d’une personne se pose sur eux, une bouffée de chaleur leur monte au visage, imprévisible, entraînant une jolie couleur écarlate qui attire encore plus les regards… Dans ces conditions, être interrogé au tableau devient un supplice. A la peur de rougir s’ajoute celle de se mettre à bégayer, bafouiller, ou d’oublier la leçon que l’on savait pourtant par cœur. Rassurez-vous, cela arrive à tout le monde: c’est le corps qui réagit à sa manière à certaines stimulations. Un médecin peut expliquer pourquoi.

Le ventre qui gargouille.

A tout moment, l’estomac et l’intestin sont en mouvement : ils se contractent. […l Quand on a faim et qu’on a moins de sucre dans le sang, cela stimule le nerf vague qui accélère les contractions : le liquide et l’air contenus dans l’estomac et l’intestin sont alors agités plus fortement, ce qui produit les glouglous. Ces bruits se font entendre lorsqu’on a avalé beaucoup d’air en mangeant

Le hoquet.

Il est dû à un spasme du diaphragme associé à une fermeture soudaine de la glotte. Le diaphragme, c’est le muscle qui nous sert à respirer. Quant à la glotte, c’est une sorte de porte à l’entrée de la trachée, ce tuyau qui mène de la bouche aux poumons.

Quand on inspire, l’air entre par la trachée, le diaphragme s’abaisse, permettant aux poumons de se gonfler d’air. Quand on expire, le diaphragme se contracte et remonte en chassant l’air hors des poumons. Le hoquet se produit au cours d’une inspiration : une brusque contraction du diaphragme provoque une violente « chasse d’air » vers la trachée. En même temps, la glotte se ferme inopinément, interrompant le passage de l’air, ce qui produit – hic le bruit caractéristique du hoquet.  Mais qu’est-ce qui peut bien faire cesser le hoquet ?

Chacun a son « truc » pour arrêter le hoquet:

– Glisser un objet froid (une clé par exemple) dans le dos du hoqueteur et le maintenir appuyé

– Demander au hoqueteur de lever le bras droit en l’air, main fermée sauf le petit doigt.

– Avec votre main droite, comprimer le bras du hoqueteur en glissant lentement de son poignet jusqu’à son aisselle.

Aaa- tchoum !

L’air inspiré par le nez est chargé de particules souvent indésirables. Pour les empêcher d’aller plus loin, la muqueuse du nez est équipée de petits cils vibratiles qui les filtrent et les évacuent vers la gorge sur des sortes de tapis roulants. […I Quand ces opérations de filtrage ne suffisent pas, le nez s’irrite et alors… On éternue de manière involontaire et souvent bruyante : cela peut être gênant. […I Lors de l’éternuement, voilà ce qui se passe : on inspire d’abord une grande quantité d’air (environ 2 litres 1/2) puis les muscles respiratoires se contractent brusquement et éjectent l’air vers le nez et la bouche pour balayer le passage. Si le ménage n’est pas bien fait du premier coup, l’éternuement se répétera autant de fois que nécessaire.

Quand il fait plus de 23 0 à l’extérieur, les vaisseaux internes se contractent et les vaisseaux superficiels se dilatent sur ordre du cerveau : il se produit un afflux de sang à la surface du corps et surtout du visage, ce qui provoque le rougissement. […l Toutes ces réponses de l’organisme aux variations de température peuvent aussi bien être provoquées par l’émotion…

M.R. LEFEVRE et M.C. ERLINGE, Les petits mots du corps, Collection « Grain de sel », @ Editions Hatier